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Projet E. Leclerc à Senonches : la pétition contre l’urbanisation commerciale franchit les 590 signatures

Photo du rédacteur: Emmanuel Senecharles
Emmanuel Senecharles
il y a 49 minutes
4 min de lecture

Alors que le projet d'implantation d'un centre commercial E. Leclerc à l’entrée de Senonches continue de faire réagir, une pétition en ligne réunit actuellement 590 signataires, avec l'objectif affiché d'atteindre 750 soutiens.

 

À Senonches, la mobilisation ne faiblit pas contre le projet d’implantation d’un centre commercial E. Leclerc
À Senonches, la mobilisation ne faiblit pas contre le projet d’implantation d’un centre commercial E. Leclerc

 

Projet E. Leclerc à Senonches : la pétition contre l’urbanisation commerciale franchit les 590 signatures

 

La contestation ne faiblit pas autour du projet d'aménagement commercial envisagé à l'entrée de Senonches, rue Jean Grandon. Lancée par un collectif citoyen sur la plateforme Avaaz sous l'intitulé « NON à la bétonisation de Senonches ! », la pétition revendique à ce jour 590 signatures . Les initiateurs de la mobilisation fixent désormais la barre à 750 paraphes.


 

D'après les éléments avancés par les auteurs de la pétition, le dossier — qui menacerait à terme de bétonner une surface importante de terres cultivées et communales en bordure de la forêt domaniale — n'aurait fait l'objet d'aucune information préalable de la part de la municipalité ou de la Communauté de Communes des Forêts du Perche. Le texte affirme que c'est uniquement en février 2026, grâce à la vigilance des commerçants du bourg, que les habitants ont découvert le projet, un premier communiqué municipal venant par la suite confirmer l'orientation du dossier.

 

Le collectif dresse un réquisit sévère à l'encontre de cette implantation et liste plusieurs motifs d'inquiétude :


  • Un péril pour les commerces et l'emploi local : En s'appuyant sur des retours d'expériences de la Chambre de Métiers et de l'Artisanat d'Eure-et-Loir — comparant la situation au cas d'Anet —, la pétition soutient qu'une deuxième grande surface finirait par fragiliser durablement le commerce de centre-bourg, entraînant au final une perte nette d'emplois durables pour le territoire.

 

  • Une menace pour l'identité de la commune : L'appel souligne qu'installer une zone commerciale à l'entrée principale d'une ville labellisée Petite Cité de Caractère® et Station Verte, au cœur du Parc naturel régional du Perche, risquerait de défigurer durablement son cachet patrimonial et touristique.

 

  • Des nuisances pour les riverains : Le texte pointe le risque d'une augmentation marquée du trafic routier et du passage de camions sur des axes résidentiels étroits (rues de Launay et de Pontgouin), ainsi que des nuisances sonores et de pollution lumineuse nocturne.

 

  • Un impact environnemental jugé incompatible avec les engagements écologiques :L'imperméabilisation de ces sols cultivés accentuerait, de l'avis des rédacteurs, les risques de ruissellement vers le centre-bourg en contrebas, tout en allant à l'encontre des objectifs nationaux de « Zéro Artificialisation Nette » (ZAN). La pétition rappelle par ailleurs qu'une précédente tentative de modification du PLUi avait été retoquée par le passé par les services de l'État en raison de son emprise agricole.

 

Une étude d'impact municipale jugée lacunaire

 

Pour les signataires, l'étude d'impact commandée par la municipalité serait déconnectée de la réalité. Le collectif reproche à ce document de ne s'appuyer que sur un nombre restreint de commerçants auditionnés, de ne pas détailler précisément le calendrier ou l'envergure future du projet, et d'omettre l'analyse des impacts environnementaux globaux, des flux de circulation ou des répercussions financières pour la commune.


Les demandes formulées :

En soutenant les démarches engagées par l'Union des Commerçants et Artisans du Pays Senonchois (UCAPS), le collectif demande aux élus locaux :


  • De suspendre le projet et d'annuler la modification du PLUi concernée ;

 

  • D'instaurer une véritable concertation en amont avec les habitants ;

 

  • De réaliser une étude d'impact complète et indépendante ;

 

  • De soumettre toute cession de foncier communal à un appel d'offres public ;

 

  • De privilégier des alternatives axées sur les circuits courts et le tourisme vert.



La réponse et la mise au point de la municipalité

Face aux nombreuses réactions et aux débats sur les réseaux sociaux, le maire Éric Gourloo et le conseil municipal ont souhaité apporter des informations factuelles pour clarifier la position de la commune.


La municipalité confirme des contacts passés avec plusieurs enseignes : Aldi et Lidl ont décliné, tandis que le groupe Leclerc avait validé le principe d'une implantation via un premier porteur de projet aujourd'hui retraité. Un second porteur de projet a ensuite repris le dossier, envisageant une surface de 3 200 m² avec l'acquisition de 6,8 hectares pour y projeter d'éventuelles enseignes complémentaires (Picard, Action ou Leclerc Bricolage).

Toutefois, la mairie apporte des précisions de taille :

  • Un terrain classé en zone AUX : Le maire rappelle que dans le PLUi en vigueur, « ce terrain est en zone AUX, à vocation commerciale et industrielle, et non en zone agricole ».

  • Une délibération précédente retirée : Si une délibération avait été adoptée en 2025 sous l'ancienne mandature assortie de strictes conditions (respect du cône de vue de l'église, consultation des ABF, interdiction de doublons avec le centre-ville), cette dernière a été retirée par l'ancienne équipe face aux réactions des commerçants.

  • Plus rien ne lie la commune à Leclerc : « À ce jour, plus rien ne lie la commune à Leclerc. L'enseigne est libre de s'implantter ailleurs ou de renouveler sa proposition à Senonches », martèle Éric Gourloo, précisant qu'aucun plan définitif n'est arrêté à ce stade.


Une étude d'impact en cours et la promesse d'un référendum

Pour éclairer la décision publique, une étude d’impact est actuellement menée par le cabinet indépendant Praxidev, référencé par l'État. Elle analyse le potentiel commercial non couvert, l'impact sur le centre-ville et sur Intermarché, ainsi que les créations d'emplois.


À l'issue de cette étude, les élus devront se prononcer. Si le format retenu reste compatible avec les objectifs du territoire, le maire annonce qu'« un référendum serait organisé au cours des mois de septembre ou octobre de cette année ».


Éric Gourloo rappelle enfin que l'accord de la municipalité ne suffira pas : « Le commerce étant très encadré, la Commission départementale d'autorisation commerciale puis, le cas échéant, la Commission nationale d'aménagement commercial devront statuer à leur tour », sans oublier les contraintes de la loi Zéro Artificialisation Nette. Enfin, tout en invitant la population à la mesure, la municipalité conclut : « Chacun est libre de s'échanger et de s'exprimer, mais chacun doit également veiller à la qualité de ce débat, à la véracité de ses arguments, et le faire dans le respect des uns et des autres. »

 


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