« On n'a pas de lumière et on étouffe » : le calvaire des locataires d’un HLM à Dreux privés de leurs fenêtres

À la tour du 11 boulevard de l’Europe, dans le quartier des Bâtes à Dreux (Eure-et-Loir), les travaux de désamiantage menés par l'OPH Habitat Drouais ont plongé 47 familles dans un quotidien étouffant. Obscurité permanente, chaleur extrême et fenêtres condamnées : les habitants dénoncent leurs conditions de vie.

« On n'a pas de lumière et on étouffe » : le calvaire des locataires d’un HLM à Dreux privés de leurs fenêtres
Le cauchemar a commencé au début de l'été. Initialement prévu en juin, au plus fort d'une période de vigilance rouge canicule, le déploiement du chantier avait suscité une levée de boucliers immédiate des résidents. En cause : l'installation d'une bâche géante thermosoudée recouvrant l'intégralité de cette tour de sept étages pour des opérations d'isolation thermique et de désamiantage extérieur.
Du jour au lendemain, la lumière naturelle a totalement disparu. Dans les logements, les familles sont contraintes de vivre sous éclairage artificiel en plein jour. Mais au-delà de l'obscurité, c'est la température qui rend la situation insupportable.
34 °C en intérieur et des fenêtres condamnées
En l'absence d'apport d'air frais, l'atmosphère à l'intérieur s'est dégradée instantanément. Lors de notre venue, alors qu'il faisait 29 °C à l'extérieur, le thermomètre grimpait jusqu'à 34 °C dans les appartements exposés plein soleil. Les locataires indiquent ne sentir aucune aération au niveau des bouches de VMC, tandis que la membrane opaque crée un effet de serre suffoquant. Dans les cuisines, la peinture surchauffée s'écaille et tombe en morceaux sur les plans de travail.
Pour garantir l'étanchéité indispensable au désamiantage, les équipes techniques ont entrepris de retirer les poignées des fenêtres. Face au refus de certains habitants désireux de préserver un minimum d'air, le bailleur social a mandaté un huissier de justice pour signifier des sommations d'exécuter. Une contrainte vécue comme une injustice par les occupants, d'autant que le bâchage a piégé des oiseaux sur certains balcons, condamnés à mourir de faim sans que personne ne puisse leur porter secours.
La réponse du constructeur et la fronde des syndicats
Contacté, l'entrepreneur Colas Bâtiment rappelle les exigences de sécurité propre au désamiantage : « Pendant les travaux, les fenêtres ne doivent pas être ouvertes. Les poignées ont donc été retirées afin d’assurer la sécurité des locataires. » La société précise par ailleurs que le bâchage est découpé en deux phases de 5 à 6 semaines pour ne pas impacter l'ensemble de la tour simultanément.
Une justification qui ne passe pas auprès des habitants et de l'intersyndicale CGT-FO, mandatée par le collectif de résidents. Ces derniers dénoncent également le coût des relogements temporaires proposés : si aucun second loyer n'est réclamé, les locataires doivent assumer l'ouverture de nouveaux compteurs d'énergie, une seconde assurance habitation et le versement d'un chèque de caution. Soutenus par les syndicats, les résidents exigent la gratuité totale des frais et l'arrêt des nuisances.



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