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Portable au volant : en Eure-et-Loir, c’est désormais le retrait de permis immédiat

  • Photo du rédacteur: Emmanuel Senecharles
    Emmanuel Senecharles
  • il y a 5 heures
  • 3 min de lecture

À la veille des grands départs en vacances d'été, le préfet d'Eure-et-Loir active  dès ce vendredi 3 juillet une mesure radicale : un mois de suspension de permis immédiat pour un simple smartphone à la main. En cause ? Une explosion dramatique des accidents de la route en 2026.


Dès ce vendredi 3 juillet 2026, l’Eure-et-Loir devient le 10e département français à suspendre immédiatement le permis de conduire en cas d'usage du téléphone au volant.
Dès ce vendredi 3 juillet 2026, l’Eure-et-Loir devient le 10e département français à suspendre immédiatement le permis de conduire en cas d'usage du téléphone au volant / Illustration Istock


Portable au volant : en Eure-et-Loir, c’est désormais le retrait de permis immédiat


Si vous êtes surpris le portable à la main sur les routes d'Eure-et-Loir, l'amende de 135 € et le retrait de 3 points ne seront plus votre seul problème. Depuis ce vendredi 3 juillet 2026, le préfet Hervé Jonathan applique la tolérance zéro :

  • Infraction en direct : Suspension immédiate du permis pendant 1 mois.

  • Récidive : La sanction grimpe à 2 mois.

Le ton est donné, et les contrôles routiers ont été massivement renforcés sur tout le réseau départemental.


Pourquoi le préfet tape si fort : les chiffres chocs de 2026

Pourtant, l'année 2025 s'était clôturée sur un bilan positif (accidents en baisse de 12,6 %, mortalité en chute de 24 %). Mais depuis janvier 2026, la situation s'est brutalement inversée, s'inscrivant dans une dégradation nationale de la sécurité routière.

« Au premier semestre 2026, l'accidentalité est en nette hausse par rapport à 2025 : +37 % », s'alarme le préfet Hervé Jonathan.


Les indicateurs au 19 juin 2026 sont au rouge vif dans le département :

Indicateur (1er semestre 2026)

Évolution vs 2025

Nombre de tués

14 morts (contre 11)

Nombre de blessés

+56,6 %

Hospitalisations

+54,3 %

Accidents corporels graves

+44 %

 

 

Comportements à risque : qui sont les victimes ?

Pour la préfecture, ces drames ne sont pas des fatalités, mais le résultat direct de l'irresponsabilité au volant. Plus de 85 % des accidents mortels de ce début d'année sont liés à des erreurs humaines : vitesses excessives, refus de priorité ou inattention liée aux écrans.

Les forces de l'ordre ont d'ailleurs intercepté plus de 3 500 infractions sur les cinq premiers mois de l'année (dont 65 % pour de grands excès de vitesse).


Le profil des 14 personnes ayant perdu la vie cette année dessine une triste réalité :

  • 77 % sont des hommes.

  • La moitié des victimes ont plus de 70 ans.

  • 7 usagers vulnérables (cyclistes, piétons, deux-roues) figurent parmi les tués.


Un appel au « sursaut collectif » et des actions ciblées

Face à cette hécatombe, le représentant de l'État refuse de rester les bras croisés. Depuis le début de l'année, il a déjà signé 800 arrêtés de suspension de permis de conduire.

« La route n'est ni un espace de jeu ni un circuit automobile. Derrière les chiffres, ce sont des familles qui sont brisées, des vies gâchées. J'appelle à un sursaut collectif », martèle Hervé Jonathan.


Parallèlement à ce coup de vis répressif, le département déploie son Plan d’actions (PDASR) avec plus de 80 opérations de sensibilisation menées par des intervenants bénévoles, aussi bien lors des festivals locaux (Marcel Festoch, L'Paille à sons) que sur les autoroutes.


L'objectif à long terme : intensifier la prévention dans les écoles. Le préfet se dit « convaincu qu'il est essentiel d'ancrer la culture du risque routier dès le plus jeune âge pour faire évoluer durablement les comportements ».

 

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