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Levainville divisée face à un projet d’entrepôt sur terres agricoles

  • Photo du rédacteur: Emmanuel Senecharles
    Emmanuel Senecharles
  • il y a 2 heures
  • 2 min de lecture

À Levainville, en Eure-et-Loir, un projet d’entrepôt logistique de 19,6 hectares sur des terres agricoles divise profondément habitants et élus. Tandis que ses opposants dénoncent un « suicide écologique », la collectivité met en avant les emplois et les retombées économiques attendues pour le territoire.


À Levainville, les terres agricoles visées par le projet d’entrepôt logistique de 19,6 hectares, au cœur des oppositions.
À Levainville, les terres agricoles visées par le projet d’entrepôt logistique de 19,6 hectares, au cœur des oppositions.

Levainville divisée face à un projet d’entrepôt sur terres agricoles


À Levainville, petite commune rurale d’Eure-et-Loir, un projet d’entrepôt logistique cristallise les tensions depuis plusieurs mois. Sur près de 19,6 hectares de terres agricoles, une plateforme portée par le promoteur Quartus pourrait voir le jour, avec le soutien de la municipalité et de la communauté de communes des Portes euréliennes d’Île-de-France. Un projet présenté comme structurant pour l’économie locale, mais vécu par une partie des habitants comme une menace pour leur cadre de vie.


Le débat s’est récemment invité dans la salle communale, lors d’une réunion publique marquée par de nombreuses prises de parole hostiles au projet. Riverains et associations environnementales y ont exprimé leurs inquiétudes face à l’artificialisation de terres cultivées et aux conséquences environnementales d’un tel équipement.


« On parle d’un entrepôt XXL implanté en pleine zone agricole. Pour nous, c’est un suicide écologique », résume Laura Vieira, habitante de Levainville et membre du collectif opposé au projet. Elle dénonce notamment la disparition de terres reconnues pour leur qualité agronomique, les atteintes à la biodiversité, ainsi que les risques accrus de ruissellement et d’inondation liés à l’imperméabilisation des sols.


Trafic, biodiversité et alternatives en question

Parmi les craintes récurrentes, la circulation de poids lourds occupe une place centrale. Les opposants évoquent un trafic pouvant atteindre plusieurs centaines de camions par jour, avec son lot de nuisances sonores, visuelles et de pollution lumineuse. Ils pointent également les mesures de compensation environnementale proposées, jugées insuffisantes, comme l’installation de nichoirs pour des espèces d’oiseaux protégées.


Autre point de crispation : l’absence, selon eux, d’étude sérieuse d’alternatives d’implantation. « Le projet repose uniquement sur une opportunité foncière, sans réelle comparaison avec d’autres sites possibles », regrette Laura Vieira, s’appuyant sur les observations formulées par l’autorité environnementale lors de la procédure de modification du PLU.


Du côté de la communauté de communes des Portes euréliennes d’Île-de-France, le projet est au contraire présenté comme une opportunité majeure. « C’est un projet économique important pour le territoire, par son ampleur et par les emplois qu’il permettra de créer », défend Stéphane Daguebert, directeur général des services de la collectivité.


Selon les estimations avancées, la future plateforme logistique pourrait générer entre 300 et 500 emplois. Un argument de poids pour un territoire qui cherche à renforcer son attractivité économique. « Le projet a été pensé de manière globale, à la fois sur la construction et sur les accès, avec une réflexion complète en matière de sécurité et de circulation », assure-t-il.

Reste à savoir quelle décision prendra la préfecture à l’issue de l’enquête publique.

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