top of page

Dreux : le mystère de Durocassio enfin levé sous la rue des Capucins

  • Photo du rédacteur: Emmanuel Senecharles
    Emmanuel Senecharles
  • 23 avr.
  • 2 min de lecture

À l’occasion de fouilles préventives menées dans un jardin privé de la rue des Capucins, des archéologues ont mis au jour des vestiges gallo-romains, confirmant l’emplacement historique de la cité antique de Durocassio.


460 m² explorés pour faire ressurgir le passé antique de Dreux rue des Capucin
460 m² explorés pour faire ressurgir le passé antique de Dreux rue des Capucin - Illustration Istock

Dreux : le mystère de Durocassio enfin levé sous la rue des Capucins


Tout a commencé par un diagnostic de routine réalisé en mars 2025. Intriguée par le potentiel du sous-sol, la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) a prescrit des fouilles approfondies, confiées à l’Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP) avant la construction d’une habitation. Ce qui n’était au départ qu’un chantier de vérification s’est rapidement transformé en une véritable exploration historique.


Durocassio enfin localisée

Pendant trois mois, sur 460 m², les équipes ont exhumé des traces précieuses de l’Antiquité. Parmi les découvertes marquantes figurent des fibules (agrafes de vêtements) du Ier siècle avant J.-C. ainsi que des pièces de monnaie impériales.


Ces indices ne sont pas de simples objets : ils permettent aux experts de lever un voile vieux de plusieurs siècles. « Nous savions que Dreux était une ville ancienne, car son nom initial Durocassio était inscrit sur une carte antique. Mais son emplacement exact restait inconnu. Grâce à ces fouilles, nous pouvons confirmer que Durocassio se trouvait au même endroit que le Dreux d’aujourd’hui », explique Emilie Roux-Capron, responsable de recherche à l’INRAP, sur le site internet de la ville de Dreux.


Le site a livré bien plus que des objets isolés. Les archéologues ont identifié les fondations d’une cave atypique, construite en terre et en bois, et marquée par un incendie ancien. Plus surprenant encore, la présence de scories et de culots de forge indique que cet espace abritait une activité métallurgique dynamique, pilier probable de l’économie de l’époque.


Les investigations, qui ont également révélé des traces d’occupations médiévales et modernes, entrent désormais dans une phase d’analyse en laboratoire. Céramologues et spécialistes du bois vont travailler durant les deux prochaines années pour reconstituer le puzzle de cette occupation humaine discontinue.


Une transmission aux nouvelles générations

Si le caractère privé du terrain a empêché l’accueil du grand public, le chantier a su s’ouvrir aux plus jeunes. Près de 170 élèves ont pu, début mars, se glisser dans la peau d’archéologues le temps d’une visite pédagogique organisée avec le musée d’Art et d’Histoire de Dreux.


Pour les Drouais impatients d’en savoir plus sur ce chapitre méconnu de leur cité, l’INRAP a déjà annoncé une conférence lors des prochaines Journées européennes du patrimoine, les 19 et 20 septembre, où les premières conclusions scientifiques seront présentées.

 

Commentaires


bottom of page