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Condamné pour le viol de 4 fillettes, l'ami de la famille ressort libre : le scandale qui secoue les victimes

  • Photo du rédacteur: Emmanuel Senecharles
    Emmanuel Senecharles
  • il y a 2 jours
  • 3 min de lecture

Il a pris 18 ans de prison ferme en janvier 2026 pour avoir violé deux sœurs et deux autres mineures. Pourtant, l'agresseur dort ce soir chez lui, libéré dans l'attente de son procès en appel. À 30 ans, Karine (prénom d'emprunt) refuse de se taire. Portée par l'onde de choc de l'affaire Lyhanna, elle balance la réalité de son fiasco judiciaire qui dure depuis treize ans.

 

Condamné en janvier 2026 à 18 ans de réclusion criminelle pour le viol de quatre fillettes, l'agresseur a été remis en liberté dans l'attente de son procès en appel. Un scandale absolu pour les victimes.
Condamné en janvier 2026 à 18 ans de réclusion criminelle pour le viol de quatre fillettes, l'agresseur a été remis en liberté dans l'attente de son procès en appel. Un scandale absolu pour les victimes. / Photo : Emmanuel Senecharles


Condamné pour le viol de 4 fillettes, l'ami de la famille ressort libre : le scandale qui secoue les victimes



C’est un témoignage brut, recueilli sous anonymat. Une plongée dans l'enfer d'une famille d'Eure-et-Loir ciblée par un prédateur.

En janvier dernier, le verdict de la cour criminelle sonnait comme une délivrance : 18 ans de réclusion criminelle. L'accusé, un habitué de la maison, est reconnu coupable de viols avec pénétration et d'agressions sexuelles sur quatre fillettes. Mais la justice a ses paradoxes que les victimes ne peuvent plus supporter. L'homme fait appel, demande sa mise en liberté provisoire, et l'obtient. Un coup de massue absolu pour les victimes.


13 ans de calvaire judiciare

Le cauchemar commence quand Karine a 13 ans, sa petite sœur à peine 11. L'agresseur est le beau-père d'une amie. Il repère la faille : un père mourant d'un cancer en phase terminale, une mère totalement dépassée. Sous prétexte de « soulager » la famille, il invite les fillettes à dormir chez lui. C'est là qu'il abuse d'elles. « J'étais tétanisée, c'était un homme très imposant », se rappelle Karine.


Quand elle trouve le courage de pousser la porte d'un commissariat en 2013, la machine broie la victime plutôt que le coupable. Paniquée, l'adolescente ment sur l'identité du violeur mais décrit précisément les viols. La policière en face d'elle refuse de la croire. Résultat : plainte classée sans suite, et Karine est poursuivie pour « fausse déclaration ». Il faudra deux ans de perdus et une seconde plainte pour que l'enquête démarre enfin. S'ensuivra une décennie d'instruction lente, interminable, au rythme des changements de magistrats.


Famille brisée et vagues de suicides

Ce silence institutionnel a agi comme un poison lent. À l'âge adulte, Karine plonge dans l'anorexie et fait des tentatives de suicide. Son cerveau, pour survivre, a déclenché une amnésie traumatique : elle n'a plus aucun souvenir de son enfance.

Pour sa sœur cadette, c'est encore pire. Le verdict de janvier n'a rien réparé. En apprenant la libération de son bourreau, elle a commis sa cinquième tentative de suicide. Au milieu des ruines, la culpabilité ronge la mère, qui s'en veut terriblement de ne pas avoir su voir et croire le calvaire de ses filles à l'époque.


Pour couronner le tout, le procès a été d'une violence psychologique inouïe. Alors que Karine témoigne enceinte à la barre, une magistrate lui lance : « Vous n'avez pas peur de reproduire les mêmes erreurs que votre mère ? » « Ça vous déglingue d'entendre ça », nous confie Karine.


« Ça me gonfle » : l’écho de l’affaire Lyhanna

Aujourd'hui, le présumé violeur est libre. Ses seules contraintes ? Pointer une fois par semaine à la gendarmerie et une interdiction de travailler avec des mineurs. « On se dit que la vie des victimes ne compte pas », s'insurge Karine.


Pour elle, impossible de ne pas faire le parallèle avec le drame de la jeune Lyhanna, tuée par un prédateur que la justice avait laissé filer : « Ça me gonfle. C'est encore une gamine qui a payé pour un dysfonctionnement de la justice. Dans mon histoire, pendant 13 ans, le dossier passait de bureau en bureau. Et aujourd'hui, il attend son appel tranquillement chez lui. »

 

Interview vidéo de la victime

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