Gendarmes blessés par balle en Eure-et-Loir : un octogénaire interpellé par le GIGN après un délire politique
- Emmanuel Senecharles

- il y a 4 heures
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Samedi soir, un artisan retraité de 82 ans a ouvert le feu à trois reprises sur les militaires du PSIG à Nogent-le-Rotrou, blessant deux d'entre eux aux jambes. Le forcené, qui s'était ensuite barricadé dans son sous-sol, a été interpellé par le GIGN. Le procureur de la République de Chartres a ouvert une double enquête.

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Gendarmes blessés par balle en Eure-et-Loir : un octogénaire interpellé par le GIGN après un délire politique
C’est un appel de détresse particulièrement alarmant qui a déclenché une opération de grande envergure, ce samedi 20 juin 2026 vers 18h50. Une habitante d’un lieu-dit proche de Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir) a contacté la gendarmerie, paniquée par le comportement de son époux de 82 ans. Ce dernier inquiétait lourdement sa famille en proférant des paroles confuses telles que « c’est la révolution » ou encore « Macron a été destitué », avant de s’armer d’un fusil de chasse et de cartouches et de quitter la maison.
Cinq militaires du Peloton de Surveillance et d’Intervention de la Gendarmerie (PSIG) de Nogent-le-Rotrou ont été immédiatement dépêchés sur les lieux. Accueillis par l'une des filles du couple, ils ont appris que l'octogénaire s'était embusqué dans le jardin, dissimulé derrière un cèdre avec son arme.
« Tentative d’homicides volontaires »
Après avoir mis la jeune femme en sécurité, les gendarmes ont tenté d'entamer le dialogue tout en progressant vers le retraité. C’est à cet instant que la situation a basculé : l'homme a fait feu à trois reprises vers les forces de l'ordre, blessant deux militaires aux jambes. Les gendarmes ont immédiatement répliqué, contraignant le tireur à battre en retraite et à se réfugier dans le sous-sol de son habitation.
Face à la gravité des faits, le parquet de Chartres s'est immédiatement saisi de l'affaire. Le procureur de la République, Frédéric Chevallier, a qualifié les faits et annoncé avoir confié les premières investigations à la Brigade des Recherches (BR) de Nogent-le-Rotrou « pour les faits de tentative d’homicides volontaires sur les deux gendarmes, personnes dépositaires de l’autorité publique, de la part de l’homme retranché ».
Les deux militaires blessés ont été admis au centre hospitalier de Nogent-le-Rotrou avant d'être transférés, l’un à l’hôpital de Chartres et l’autre à l’hôpital militaire de Percy, à Clamart (Hauts-de-Seine). Leurs pronostics vitaux ne sont pas engagés.
Le GIGN mobilisé, le forcené blessé à la main
Le magistrat de permanence s'est rendu sur place pour coordonner les opérations aux côtés des forces d’élite du GIGN, dépêchées pour mener les négociations. Le dénouement est intervenu à 22h50, heure à laquelle l’homme s’est finalement rendu sans opposer de résistance.
Inconnu de la justice, cet ancien artisan de la commune coulait une retraite paisible avec son épouse depuis une vingtaine d'années. À l'issue de son interpellation, il a été immédiatement placé en garde à vue. Le procureur a précisé que « sa garde à vue était déclarée compatible, médicalement, avec son état de santé ».
Le suspect a toutefois dû être transporté au centre hospitalier du Mans pour y être opéré. Le procureur Frédéric Chevallier a indiqué qu'il « présentait une plaie saignante à une main avec présence d’un corps étranger, un projectile en métal », probablement lié à la riposte des gendarmes.
Une seconde enquête sur la riposte des gendarmes
Conformément à la procédure habituelle lorsque les forces de l'ordre font usage de leurs armes, le chef du parquet de Chartres a également saisi la Section de Recherches (SR) d’Orléans « pour les faits de violences volontaires avec arme par personnes dépositaires de l’autorité publique sur l’homme retranché ». Le magistrat a ajouté que, dans ce cadre légal, « les armes utilisées par les gendarmes étaient saisies et leurs auditions rapidement réalisées ».
En raison de son état et de son hospitalisation, l'octogénaire n'a pas encore pu être interrogé. « Il doit être examiné par un médecin psychiatre dans la journée. En l’état il n’a pas été auditionné par les gendarmes », a conclu le procureur de la République.
La justice rendra ses prochaines conclusions à la lumière des examens psychiatriques et de l'évolution des investigations. Le parquet a d'ores et déjà annoncé qu'un « nouveau communiqué sera diffusé en fonction de l’évolution des investigations menées et des décisions d’action pénale prises ».



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