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Canicule : l'impossible équation des artisans du bâtiment pour travailler au frais en Eure-et-Loir

  • Photo du rédacteur: Emmanuel Senecharles
    Emmanuel Senecharles
  • il y a 2 heures
  • 3 min de lecture

Face aux températures étouffantes, les petites entreprises du bâtiment doivent ruser pour protéger leurs salariés. Entre baisse de rendement, gestion des fournisseurs et diplomatie avec le voisinage, Zohir Abbas, gérant de AZ Bâtiment, gère ses chantiers au jour le jour.


Zohir Abbas, gérant de AZ Bâtiment, adapte quotidiennement les plannings de ses sept salariés pour faire face aux fortes chaleurs sur les chantiers de rénovation.
Zohir Abbas, gérant de AZ Bâtiment, adapte quotidiennement les plannings de ses sept salariés pour faire face aux fortes chaleurs sur les chantiers de rénovation.

Canicule : l'impossible équation des artisans du bâtiment pour travailler au frais en Eure-et-Loir


Pour les professionnels de la rénovation et de la couverture chez le particulier, les mois d'été peuvent vite devenir un enfer. Pas de climatisation sur les toits ou dans les chantiers poussiéreux : les combles se transforment en fournaises dès les premières lueurs du jour. À la tête de AZ Bâtiment depuis bientôt dix ans, Zohir Abbas dirige une équipe de sept salariés. Face à la vague de chaleur actuelle, sa priorité absolue est de protéger ses hommes sans bloquer l'activité.

« Nous avons adapté les horaires. Désormais, on commence à 6 heures le matin pour essayer de finir au maximum à 13 heures, afin que les gars ne soient pas exposés aux fortes températures », explique le chef d'entreprise.


La logistique de l'aube et baisse de rendement

Sur le papier, l'idée est simple. Sur le terrain, elle se heurte à une réalité logistique complexe, car le reste de la chaîne économique ne tourne pas aux mêmes horaires. « Le problème quand on commence à 6 heures, c'est qu’on ne peut pas récupérer de matériaux chez les fournisseurs avant 7h30 ou 8 heures », confie Zohir Abbas.


Pour contourner le problème, le gérant a dû réorganiser la fin de journée de ses ouvriers : « Dès que la fin de matinée devient trop compliquée et que ça commence à chauffer, j'envoie les gars chercher les fournitures pour le lendemain. On utilise ce temps lourd pour préparer les chantiers, pour qu’à 6 heures pile le lendemain, ils n'aient plus qu'à attaquer. »

Malgré cette organisation millimétrée, la chaleur écrase les corps et pèse inévitablement sur l'avancement des travaux. « Forcément, on ne va pas faire le même rendement qu'avec des températures normales. On ne peut pas exiger la même chose de la part des ouvriers sous un tel soleil. »


Des clients solidaires, mais des voisins qui râlent

Travailler chez le particulier au lever du jour demande aussi une bonne dose de diplomatie. Si sur certains chantiers l'équipe a le champ libre – comme dans cette maison secondaire d’un Parisien ou cette couverture de ferme –, l'exercice s'avère plus délicat en zone résidentielle habitée. « Si le client ne se lève pas à 6 heures, on est parfois obligés d'attendre 7h30 ou 8 heures pour démarrer les tâches les plus bruyantes », glisse l’artisan.

Heureusement, la canicule crée un élan de solidarité et les clients se montrent très compréhensifs. « Franchement, les gens jouent le jeu, ils sont aux petits soins. Ce matin, un client est spécialement passé sur son chantier pour apporter de l'eau et des boissons fraîches aux gars. »


Le vrai point noir de cette routine estivale reste finalement le voisinage. « C'est là que c'est un peu plus compliqué. Comme ce n'est pas pour eux, certains voisins râlent et acceptent mal le bruit que l'on engendre si tôt le matin. » Un équilibre fragile à trouver pour l'artisan, coincé entre le bien-être de ses ouvriers et la tranquillité du quartier.

 

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