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Végétaliser la place des Épars à Chartres : Ambition écologique ou utopie technique ?

  • Photo du rédacteur: Emmanuel Senecharles
    Emmanuel Senecharles
  • 26 avr.
  • 3 min de lecture

Un récent post sur Facebook, publié le 24 avril, enflamme les réseaux sociaux locaux. En proposant une image générée par IA montrant une place des Épars luxuriante.


Entre rêve et réalité : cette projection par intelligence artificielle de la place des Épars végétalisée suscite un vif débat à Chartres / Image IA r Adrien Noyelle
Entre rêve et réalité : cette projection par intelligence artificielle de la place des Épars végétalisée suscite un vif débat à Chartres / Illustration "IA" réalisée par Adrien Noeyelle

 

Végétaliser la place des Épars à Chartres : Ambition écologique ou utopie technique ?


C’est une image qui interpelle : la place des Épars, aujourd'hui vaste étendue de dalles couleur crème, transformée en un jardin urbain ombragé. Ce projet s'inscrit dans la volonté de la nouvelle municipalité de mettre fin à la « bétonisation » reprochée à l'ancienne gestion, notamment après la suppression d'arbres aux abords de la cathédrale de Chartres (Eure-et-Loir).


Un lieu « froid » à réenchanter

Pour de nombreux Chartrains, la place actuelle est jugée « inhumaine » ou « froide ». Si elle accueille de grands événements, elle reste désertique le reste du temps peut-on lire sur les réseaux sociaux. L'idée est de transformer ce simple lieu de passage en une véritable destination.


Toutefois, le projet se heurte à un argument de poids : la présence du parking souterrain. Pour l'opposition et les anciens membres de la majorité, le rêve de l'IA se confronte brutalement à la réalité du génie civil. Franck Masselus, ancien adjoint, ne cache pas son scepticisme technique :

« J’attire votre attention sur le fait qu’il y a un parking souterrain, incompatible avec le fait de planter des arbres ! » tranche-t-il, rappelant au passage que la structure ne peut supporter de telles racines. « Depuis que le printemps a fait éclore les bourgeons, certains s'aperçoivent de l'existence des arbres place des Épars, il y en a même qui fleurissent en mars », ironise-t-il également face à ce qu'il perçoit comme un faux débat.


« Réconcilier usage quotidien et grands événements »

Face aux inquiétudes, Alexandre Djavadian, 2e Adjoint au Maire en charge de la transition écologique, a tenu à rassurer et à préciser la vision de la ville. Pour lui, le verdissement n'est pas l'ennemi de l'animation, bien au contraire :

« Les aménagements de verdissement ne sont absolument pas contradictoires avec le maintien des activités de spectacle ou du marché de Noël. Une place plus agréable rendra ces événements plus accueillants. »


L'adjoint souligne que la place doit sortir de sa fonction purement événementielle pour répondre aux usages du quotidien des habitants. L'objectif est de permettre une « réappropriation » de l'espace pour la contemplation et la respiration.


Alexandre Djavadian apporte également une réflexion sur l'équilibre du centre-ville, refusant que la place Châtelet devienne le seul point de chute des festivités :

  • Répartition des flux : En rendant la place des Épars plus vivante, la ville souhaite mieux répartir les animations pour ne pas saturer un seul quartier.

  • Qualité de vie : L'élu évoque la nécessité de protéger la tranquillité des riverains, particulièrement en été : « Le vivre ensemble implique de répartir les animations... les riverains ne peuvent pas fermer leurs fenêtres pour limiter les nuisances. » Il suggère d'orienter les événements les plus bruyants vers des structures acoustiques adaptées, comme le Colisée.


Un signal fort pour les riverains... et peut-être une alerte pour Chartres Estivales qui attire chaque été, plusieurs dizaines de milliers de personnes, dans le centre-ville de Chartres


La place des Épars de demain

Si la contrainte du parking souterrain reste un verrou majeur, le débat s'oriente désormais vers des solutions hybrides : bacs à plantations, ombrières végétalisées ou parterres périphériques. La place des Épars ne sera sans doute jamais la forêt dense dessinée par l'IA, mais elle ne restera probablement pas non plus le "four thermique" redouté chaque été.


 

 

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