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Sécurité civile : Un syndicat pour les pompiers volontaires s'installe en Eure-et-Loir

  • Photo du rédacteur: Emmanuel Senecharles
    Emmanuel Senecharles
  • il y a 8 heures
  • 2 min de lecture

Le Syndicat des Sapeurs-Pompiers Volontaires de France (SSPVF) vient d'officialiser la création de sa section au sein du SDIS 28. Une petite révolution dans un paysage des secours où le syndicalisme était jusqu'ici l'apanage des professionnels, alors que les volontaires incarnent la colonne vertébrale des casernes euréliennes.


Le Syndicat des Sapeurs-Pompiers Volontaires de France (SSPVF) crée sa section au sein du SDIS 28 pour défendre les conditions d'engagement des soldats du feu euréliens
Le Syndicat des Sapeurs-Pompiers Volontaires de France (SSPVF) crée sa section au sein du SDIS 28 pour défendre les conditions d'engagement des soldats du feu euréliens / Photo : Istock

 

 Sécurité civile : Un syndicat pour les pompiers volontaires s'installe en Eure-et-Loir


C’est un texte national, publié à l’occasion des deux ans de la structure, qui cache une réalité très locale. Le Syndicat des Sapeurs-Pompiers Volontaires de France (SSPVF), créé en mai 2024, poursuit son maillage territorial et s’installe officiellement en Eure-et-Loir. Dans le département, c'est Gérôme Buisson qui prend les rênes de cette toute nouvelle section locale au sein du Service départemental d’incendie et de secours (SDIS 28).


Pour le modèle français des secours, et particulièrement pour un département à forte identité rurale et agricole comme l'Eure-et-Loir, l’initiative n’a rien d’anecdotique. Ici, comme au niveau national, les sapeurs-pompiers volontaires (SPV) représentent près de 80 % des effectifs. Sans eux, la couverture de secours en Beauce, dans le Perche ou le Drouais s'effondrerait, notamment en journée.


Combler un vide dans le dialogue social

Jusqu'à présent, la défense des volontaires reposait essentiellement sur le réseau des unions départementales (UDSP). Mais ces structures, au format associatif, sont historiquement tournées vers l'animation, le social et la cohésion, et n'ont pas vocation à siéger dans les instances de dialogue social pour porter des revendications pures. Un paradoxe face aux syndicats de pompiers professionnels, très structurés.

« Près de 200 000 sapeurs-pompiers volontaires ne disposaient d'aucun outil syndical leur permettant de porter collectivement leurs préoccupations auprès des décideurs locaux et nationaux », pointe le communiqué du syndicat.


C’est précisément ce vide que la section eurélienne entend combler. L'objectif affiché : porter la voix du terrain face à la direction du SDIS 28 et au Conseil départemental, qui finance en grande partie les secours.


Crise des vocations et souffrance au travail : les défis euréliens

Si le syndicat s'implante localement, c'est que les alertes venues du terrain se multiplient ces dernières années. Derrière l'image d'Épinal du pompier de village, les conditions d'engagement se sont durcies. En Eure-et-Loir, la conciliation entre la vie professionnelle, la vie de famille et les gardes devient un numéro d'équilibriste pour les volontaires.


Parmi les chantiers prioritaires que la nouvelle section du SDIS 28 devra observer de près : la perte d’attractivité du volontariat, les difficultés croissantes de recrutement, mais aussi des problématiques plus lourdes de protection sociale ou de management. Le syndicat évoque ainsi des remontées de terrain liées à la « souffrance au travail » ou à la « sécurité opérationnelle ».


Alors que le SSPVF s'apprête à vivre une étape charnière avec une audition devant le Groupe d’études Sécurité civile de l’Assemblée nationale, l'antenne d'Eure-et-Loir, elle, commence son travail de terrain. Le défi de Gérôme Buisson et de son équipe sera désormais de transformer l'essai : convaincre les volontaires du département qu'un syndicat est le meilleur outil pour pérenniser leur engagement et protéger le modèle des secours de proximité.

 

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