COUP DE THÉÂTRE au tribunal de Chartres : Le « fils empoisonneur » relaxé après quatre mois de détention provisoire
- Emmanuel Senecharles

- il y a 2 heures
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CHARTRES (Eure-et-Loir), Ce 24 avril, accusé d'avoir tenté d'empoisonner son père à l'hôpital du Coudray en janvier dernier, M (X), un homme de 52 ans, a été totalement relaxé par le tribunal correctionnel de Chartres. Après quatre mois de détention provisoire et une audience électrique de plus de cinq heures, la justice a finalement écarté les poursuites criminelles, mettant fin à un calvaire judiciaire.

COUP DE THÉÂTRE au tribunal de Chartres : Le « fils empoisonneur » relaxé après quatre mois de détention provisoire
Le 23 janvier 2026, à l’hôpital du Coudray, M (X), aidant dévoué de son père Daniel, tente de faire marcher ce dernier, qu’il estime immobilisé à tort dans sa chambre.
Cette initiative, perçue comme une intrusion par le personnel infirmier, dégénère en altercation. Accusé par une infirmière de tentative d'empoisonnement, M (X) est interpellé. Malgré l'absence totale de plainte de la « victime », il est placé en détention provisoire à Orléans-Saran sous l'accusation de « tentative d’administration de substances nuisibles ». Une qualification criminelle qui marquera le début d'un calvaire de quatre mois.
Le combat de la défense
Ce vendredi, l’ambiance est lourde dans la salle d’audience. Dès les premiers échanges, Maître Jean-Christophe Basson-Larbi engage un bras de fer frontal. L'avocat dénonce une « procédure scélérate » et soulève des nullités majeures. La tension monte d'un cran lorsque l'avocat, refusant de voir les droits de son client bafoués, accule le ministère public dans ses retranchements. Face à la combativité de la défense, le procureur perd son calme. L'incident est si vif que la présidente du tribunal est contrainte de suspendre les débats, convoquant le bâtonnier pour tenter de ramener le calme dans une enceinte judiciaire devenue le théâtre d'un affrontement psychologique intense.
Dans le box, M (X), écoute les plaidoiries, submergé par l'émotion. Il ne peut retenir ses larmes à chaque intervention de son conseil, conscient que son destin se joue dans cette joute verbale brutale.
Après cinq heures trente d'un débat acharné, le verdict tombe. Si le tribunal rejette les conclusions de nullité pure et simple, il procède à une requalification symbolique des faits en « violences sur ascendant sans incapacité » avant de prononcer la relaxe pure et simple. La constitution de partie civile est, elle, déboutée.
Le soulagement
« C’est un bonheur immense », confie Maître Basson-Larbi à l'issue de l'audience. « La justice a eu le courage de faire son autocritique. C’est extrêmement rare, et cela prouve que lorsqu’on se bat avec acharnement, le droit finit par reprendre ses droits. »
L'avocat, qui a immédiatement pris la route pour le centre pénitentiaire d’Orléans-Saran afin d’aller chercher lui-même son client, souligne la charge émotionnelle de cette journée : « M (X) sort de l’enfer, après quatre mois de détention arbitraire. Il est désormais un homme libre. »
Pour M (X) , l'épreuve prend fin ce soir. Après avoir été libéré, il retrouve enfin ses proches, tournant la page de ce qui restera, a ses yeux, comme un naufrage judiciaire évité de justesse par la ténacité de son avocat Maître Jean-Christophe Basson-Larbi qui n'a rien lâché.



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