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Après l’incendie de son usine, Belsia « rallume les friteuses » sur son site historique

  • Photo du rédacteur: Emmanuel Senecharles
    Emmanuel Senecharles
  • il y a 10 minutes
  • 2 min de lecture

Six semaines après le sinistre qui a ravagé son tout nouveau site de production à Boisville-la-Saint-Père, le fabricant des célèbres chips de Beauce s'organise sur sa ferme d'origine. Si la capacité de production est réduite, la livraison des clients se poursuit et le projet de reconstruction est déjà sur les rails.


Boisville-la-Saint-Père. Six semaines après le violent incendie du 10 juin, Belsia a réactivé son atelier historique sur la ferme familiale pour continuer à produire ses chips de Beauce.
Boisville-la-Saint-Père. Six semaines après le violent incendie du 10 juin, Belsia a réactivé son atelier historique sur la ferme familiale pour continuer à produire ses chips de Beauce.

Six semaines après la stupéfaction et la vision du gigantesque nuage de fumée s'élevant au-dessus du lieu-dit Létourville, l'heure est au bilan et à la résilience pour la marque Belsia. Le 10 juin dernier, un violent incendie réduisait en cendres la nouvelle usine de 3 000 m², inaugurée seulement trois semaines plus tôt. Une cinquantaine de pompiers et de nombreux engins avaient été mobilisés pour maîtriser le sinistre. Si les six salariés présents ce jour-là ont pu être évacués sains et saufs, l'outil industriel dernier cri ainsi que ses équipements ont été intégralement détruits.


Face au choc, la réaction a été immédiate. « Le lendemain, on a rallumé les friteuses sur la ferme. On ne s’est pas posé la question. Nos clients avaient des commandes, nos pommes de terre étaient en terre, et on savait faire », témoigne Clémence Maisons, cofondatrice de l'entreprise artisanale avec son époux Matthieu.


Le site historique comme « assurance industrielle »

Pour maintenir le navire à flot, Belsia a pu s'appuyer sur une force rare dans le secteur agroalimentaire : son modèle intégré. Les pommes de terre étant cultivées, transformées et conditionnées sur place, l'incendie n'a pas brisé la chaîne de valeur. L'atelier historique de la ferme, où l'aventure a démarré il y a dix ans, est immédiatement repassé à l'action.


Actuellement, l'entreprise transforme deux tonnes de pommes de terre par jour. Un rythme qui permet d'honorer l'ensemble des commandes et de maintenir des délais de livraison inchangés pour les clients et distributeurs. Seules deux recettes de la gamme — Oignon et Piment d'Espelette — sont temporairement suspendues et effectueront leur retour au début du mois de septembre. Par ailleurs, les expertises ont confirmé qu'aucun impact environnemental n'était à déplorer sur les sols ou le voisinage.


Trois ans de retard et un volet humain douloureux

Mais le choc économique reste lourd. Avec ce sinistre, la capacité de transformation a été brusquement ramenée de 9 tonnes à 2 tonnes quotidiennes. « Ce qu’on a perdu, c’est trois ans d’avance sur notre projet, et vingt personnes qu’on avait recrutées », regrette Clémence Maisons.

Embauchés pour accompagner la montée en charge du nouveau site, vingt salariés placés en activité partielle après l'incendie n'ont pas pu voir leur contrat reconduit, faute d'outil de travail fonctionnel. L'entreprise beauceronne s'est toutefois engagée à les recontacter en priorité dès que la nouvelle structure verra le jour.


Cap sur la reconstruction

Le bâtiment incendié ayant été déclaré totalement inexploitable, les expertises d'assurances se poursuivent. Mais la direction regarde déjà devant : les démarches pour reconstruire ont officiellement été lancées auprès des partenaires financiers et des collectivités locales. L'objectif des producteurs beaucerons reste intact : retrouver à terme une capacité de transformation de 9 tonnes de pommes de terre par jour et recréer les 20 emplois locaux associés au projet.

 

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