À l’Hôtel-Dieu de Chartres, la situation est jugée critique par les soignants. Au troisième étage, ils ne sont parfois que deux pour s’occuper de 84 résidents. Dans ces conditions, les équipes priorisent les soins essentiels, au détriment d’autres tâches. Toilettes écourtées, manque de temps auprès des patients, les soignants décrivent un quotidien sous tension. Cette situation pèse lourdement sur leur moral. Beaucoup disent ne plus pouvoir exercer correctement leur métier. Les familles expriment également leur mécontentement face à une prise en charge dégradée. Du côté des syndicats, le constat est global. Le mal-être s’étend à plusieurs services et les mouvements de grève se multiplient depuis plusieurs mois. Les représentants dénoncent un sous-effectif chronique aggravé par l’absentéisme. Ils estiment que les effectifs sont insuffisants même en temps normal. Les deux Ehpad des Hôpitaux de Chartres, la résidence de l’Hôtel-Dieu et celle du Val de l’Eure, représentent à eux seuls 449 lits. Face à ces difficultés, la direction reconnaît une situation tendue, notamment en raison d’une pénurie de candidats. Pour attirer des infirmières, une prime pouvant atteindre 12000 euros sur 24 mois a été mise en place. Malgré cela, les recrutements restent difficiles. La direction évoque également une concurrence accrue entre établissements publics et privés, ainsi qu’un changement des attentes des professionnels de santé. Des mesures d’urgence ont été mises en place avec du redéploiement de personnel. Mais ces solutions restent temporaires. L’enjeu est désormais de stabiliser les équipes dans la durée.