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« On fait ce qu’on peut, mais ce n’est plus suffisant » : les Ehpad des hôpitaux de Chartres sous tension

  • Photo du rédacteur: Emmanuel Senecharles
    Emmanuel Senecharles
  • il y a 6 jours
  • 3 min de lecture

Conditions de travail dégradées, sous-effectif chronique, difficulté à recruter : à l’Hôtel-Dieu de Chartres, soignants, syndicats et direction dressent un constat préoccupant, chacun avec sa lecture de la situation.


Des soignants de l’Hôtel-Dieu à Chartres (Eure-et-Loir),  dénoncent des conditions de travail dégradées, liées notamment au manque de personnel dans plusieurs services.
Des soignants de l’Hôtel-Dieu à Chartres (Eure-et-Loir), dénoncent des conditions de travail dégradées, liées notamment au manque de personnel dans plusieurs services.

« On fait ce qu’on peut, mais ce n’est plus suffisant » : les Ehpad des hôpitaux de Chartres sous tension


Au troisième étage de l’Hôtel-Dieu, la situation est jugée critique par les soignants. « Normalement, on est six l’après-midi. Là, on est deux pour 84 résidents », témoigne Safet Tunctan auxiliaire de vie.


Dans ces conditions, les équipes doivent arbitrer en permanence. « On fait les soins essentiels, mais forcément, certaines choses passent après. » Toilettes écourtées, temps réduit auprès des résidents : « On fait ce qu’on peut, mais ce n’est plus suffisant » regrette-elle.


Une réalité difficile à vivre. « On ne part pas la tête haute. On sait qu’on n’a pas pu faire tout ce qu’il fallait »,

Les familles, elles aussi, expriment leur incompréhension. « Elles pensent parfois qu’on ne fait pas notre travail, alors qu’on fait le maximum. » indique Romane Champrenaunlt , aide soignante.


Un mal-être qui s’installe dans la durée

Pour les représentants syndicaux, la situation dépasse largement un service. « Le mal-être est aujourd’hui généralisé dans de nombreux secteurs », expliquent-ils.

Plusieurs mouvements de grève sont en cours depuis des mois. « Malgré des réunions, on n’a pas obtenu d’avancées concrètes visibles immédiatement. »


Le problème principal reste, selon eux, le sous-effectif chronique. « On ne peut pas faire une toilette en 15 minutes et faire manger quelqu’un en 10 minutes. Ce n’est pas acceptable. »

L’absentéisme vient aggraver la situation. « Sur un étage, il peut y avoir jusqu’à une quinzaine d’arrêts. Les équipes travaillent en permanence en tension. »


Les difficultés concernent les deux établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes rattachés aux Hôpitaux de Chartres, qui totalisent 449 lits.

Il s’agit de la résidence de l’Hôtel-Dieu, rue Maunoury, et de la résidence du Val de l’Eure, rue Georges-Brassens.

Dans ces structures, les syndicats estiment que les effectifs de base sont déjà insuffisants. « Même sans absentéisme, les équipes sont sous-dimensionnées. »


Une prime de 12 000€ pour retenir les infirmières

Face aux critiques, la direction reconnaît des difficultés importantes, notamment pour recruter. « Nous faisons face à une pénurie de personnels paramédicaux, particulièrement dans le médico-social », Explique Emmanuelle Fouju directeur adjoint de l’hôpital de Chartres.

Pour attirer des infirmières, des mesures financières ont été mises en place. Les dernières recrues se sont vu proposer une prime de 12 000 euros, versée sur 24 mois, afin de les fidéliser.


Malgré cela, les candidatures restent rares. « Dès qu’un profil correspond, nous recrutons immédiatement, mais les candidats manquent ou ne restent pas. »

La direction évoque également une concurrence de plus en plus forte entre établissements, publics comme privés.


Certains professionnels privilégient désormais des contrats plus flexibles, notamment en vacation, ou choisissent des structures offrant de meilleures conditions de travail ou de rémunération.

« Les nouvelles générations souhaitent davantage maîtriser leur planning et peuvent travailler dans plusieurs établissements », souligne la direction.


Des mesures d’urgence mises en place

Pour faire face aux absences récentes, des solutions immédiates ont été déployées. Des agents ont été redéployés, certaines activités temporairement suspendues, et des renforts internes mobilisés.

« Ce sont des réponses à court terme pour garantir la prise en charge des résidents », précise la direction, qui assure également travailler sur des solutions plus durables.

Malgré ces ajustements, le fossé reste important entre les soignants et la direction. Les premiers dénoncent des réponses insuffisantes, quand la seconde insiste sur un contexte global de pénurie.

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Tous s’accordent toutefois sur un point : la situation reste fragile.

« L’enjeu, aujourd’hui, c’est de stabiliser les équipes dans la durée », reconnaît Emmanuelle Fouju.

 


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