Grand Châteaudun : une situation financière redressée mais une stratégie industrielle encore floue
- Emmanuel Senecharles

- il y a 5 heures
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La chambre régionale des comptes Centre-Val de Loire dresse un bilan contrasté de la communauté de communes du Grand Châteaudun dans un rapport publié en juillet 2025. Si la situation financière s’est améliorée depuis 2021, l’intercommunalité souffre encore d’un manque de stratégie partagée, notamment en matière industrielle.

Grand Châteaudun : une situation financière redressée mais une stratégie industrielle encore floue
Créée en 2017 à la suite d’une fusion de plusieurs communautés de communes, le Grand Châteaudun regroupe aujourd’hui près de 40 000 habitants. Mais selon la chambre régionale des comptes, l’intercommunalité peine à fonctionner comme un ensemble cohérent.
Certaines compétences restent exercées de manière différente selon les communes, avec des modes de gestion hétérogènes hérités des anciennes structures. Cette organisation « en silo » se traduit aussi par une faible mutualisation des services et un niveau d’intégration fiscale inférieur à la moyenne départementale.
Autre point relevé dans le rapport de La chambre régionale des comptes Centre-Val de Loire : l’absence de projet politique global clairement défini, pourtant recommandé pour structurer l’action publique à l’échelle intercommunale.
Des finances assainies depuis 2021
Sur le plan financier, la situation s’est nettement redressée. Après une dégradation jusqu’en 2020 — avec une capacité d’autofinancement insuffisante pour rembourser la dette — la collectivité a relevé la barre.
L’augmentation de la taxe foncière décidée en 2021 a permis de restaurer les marges financières. Depuis, les recettes progressent plus vite que les dépenses, et la capacité d’autofinancement s’est stabilisée.
La dette reste maîtrisée et la trésorerie s’est renforcée. Mais la chambre souligne que cet équilibre demeure fragile, notamment en raison des investissements à venir, comme la construction d’une piscine à Brou estimée à 9,6 millions d’euros.
Le rapport pointe également des lacunes dans la gestion comptable, en particulier pour les budgets annexes liés aux zones d’activité économique.
Le manque d’informations héritées des anciennes intercommunalités complique le suivi financier. La chambre recommande ainsi une mise à jour complète de ces comptes afin de mieux refléter la réalité économique des projets.
Une ambition industrielle freinée par l’absence de stratégie
Sur le volet économique, le Grand Châteaudun affiche une volonté de réindustrialisation, notamment autour de l’aéronautique. La reconversion de l’ancienne base aérienne constitue le cœur de cette ambition.
Mais là encore, la chambre pointe un défaut majeur : l’absence de stratégie industrielle clairement définie et partagée par les élus.
Si des actions existent, elles restent dispersées et insuffisamment évaluées. L’objectif de créer un pôle aéronautique, notamment autour d’acteurs comme Safran ou Hutchinson, reste à confirmer dans la durée.
La réussite de certains projets, comme l’implantation rapide de l’usine Vorwerk, montre l’intérêt d’une bonne coordination avec les services de l’État.
Mais cette coopération reste inégale selon les dispositifs. Les programmes « Territoires d’industrie » ou les sites « clés en main » présentent des résultats jugés plus mitigés.
Enfin, la chambre alerte sur les tensions possibles entre développement industriel et préservation de la biodiversité. Certains projets pourraient se heurter à ces contraintes, nécessitant une meilleure anticipation.
Deux recommandations clés
À l’issue de son contrôle, la chambre régionale des comptes formule deux recommandations principales :
finaliser la mise à jour des comptes des zones d’activité ;
définir une véritable stratégie industrielle partagée.
À noter que l’actuel président, Fabien Verdier, en fin de mandat, devrait sauf surprise laisser sa place à l’issue des prochaines élections intercommunales.



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