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Eure-et-Loir : Le Département fait bloc avec les maires face au « désengagement » de l’État

  • Photo du rédacteur: Emmanuel Senecharles
    Emmanuel Senecharles
  • il y a 11 heures
  • 3 min de lecture

Pendant deux jours, le Conseil départemental d’Eure-et-Loir a réuni plus de 300 maires du territoire pour des sessions d’échanges et d'ateliers pratiques. Au cœur des discussions : la voirie, la sauvegarde du patrimoine et un plan santé musclé pour attirer les jeunes médecins, alors que les dotations nationales se contractent.


Stéphane Lemoine : 1er Vice-Président en charge des infrastructures routières, de la mobilité et des voies douces
Stéphane Lemoine : 1er Vice-Président en charge des infrastructures routières, de la mobilité et des voies douces / Photo : Emmanuel Senecharles


Eure-et-Loir : Le Département fait bloc avec les maires face au « désengagement » de l’État


Une mobilisation massive et inédite. Sur les quelque 365 communes que compte l'Eure-et-Loir, plus de 300 maires ont répondu présent à l’invitation du Conseil départemental pour deux demi-journées de travail intensif. Soit un taux de participation exceptionnel de près de 80 %. Loin du format traditionnel et parfois descendant du congrès des maires, cet événement a misé sur l'interactivité et le partage d'expériences à travers des ateliers thématiques (patrimoine, culture, routes, eau potable).

« C’est suite aux élections municipales. Le Département étant le premier partenaire des mairies, il nous a semblé intéressant et judicieux d’accompagner les maires à travers tout ce que l'on peut mettre à disposition pour les communes et les intercommunalités, et en même temps d'expliciter la politique départementale », explique Stéphane Lemoine, premier vice-président du Conseil départemental d’Eure-et-Loir.


Les routes : premier poste de préoccupation et d'investissement

Sans surprise, l'atelier dédié à la voirie a été le plus plébiscité par les élus locaux. Et pour cause : la gestion des axes routiers et la réparation des nids-de-poule représentent le cœur du quotidien des municipalités, mais aussi une charge financière lourde.


Stéphane Lemoine rappelle que les routes constituent « quasiment la moitié du budget d’investissement du département ». Face à des maires inquiets pour leurs finances, le premier vice-président a tenu à rassurer sur le maintien du Fonds d'Aide au Développement des Communes (FDI), une enveloppe de 8 à 10 millions d’euros sanctuarisée chaque année par la collectivité pour soutenir l'économie locale et subventionner les travaux routiers jusqu'à 50 % dans certains cas.

« Faut savoir qu'on est quand même un des derniers départements de France à continuer à accompagner les communes avec un tel budget d'aide à l'investissement. Heureusement que le Département est là, parce qu'il n'y a pas d'autre subventionnaire : l'État et la Région ne subventionnent pas les routes communales », appuie le premier vice-président.


Désertification médicale : un plan d'urgence agressif pour les « médecins juniors »

Autre sujet brûlant au cœur des échanges : la santé. Face au sentiment partagé d'un abandon des territoires ruraux par les services de l'État, le Conseil départemental a décidé de s'emparer d'une compétence pourtant non obligatoire en déployant un "Plan Santé" global.


Signe de cette urgence, l'assemblée départementale a voté une aide financière directe particulièrement incitative à destination des internes en fin de cursus. Le Département s'engage à verser une bourse allant jusqu'à 10 000 € par an (soit environ 833 € par mois) pendant une durée maximale de 4 ans aux médecins juniors acceptant de s'installer sur le territoire.

« C'est une politique de proximité et de bon sens. Si on ne le fait pas, qui va le faire ? L'État s'est désengagé de tout ça alors que c’est une vraie demande de nos habitants », martèle Stéphane Lemoine.


Ce dispositif s'accompagne également d'une aide au remplacement pour permettre aux praticiens en place de prendre des congés sereinement, ainsi que du déploiement d'une plateforme numérique de santé visant à mettre en relation les cabinets médicaux d'Eure-et-Loir avec des remplaçants et de nouveaux collaborateurs.



Sauver le petit patrimoine non classé

Au-delà des infrastructures majeures, les maires ont massivement soulevé la problématique du petit patrimoine de proximité, au premier rang duquel figurent les églises communales. Si les édifices classés bénéficient de grilles de financements d'État particulières, la majorité des églises de village n'entrent dans aucune case administrative. Là encore, le Département reste le dernier rempart financier pour soutenir les maires dans la sauvegarde de ces témoins de l'histoire locale.


Entre arbitrages budgétaires serrés et ingénierie territoriale (via des outils de mutualisation, l'agence technique Élite ou la centrale d'achat départementale), la collectivité entend démontrer que malgré la baisse des dotations nationales, la solidarité départementale demeure le maillon fort du développement de l'Eure-et-Loir.

 

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