Ermenonville-la-Grande : Face à l’invasion de millions de fourmis, la peur d’une crise immobilière
- Emmanuel Senecharles

- il y a 2 heures
- 3 min de lecture
Alors que des millions de fourmis continuent de coloniser les habitations et l'espace public à Ermenonville-la-Grande (Eure-et-Loir), l'inquiétude monte d'un cran. Entre ras-le-bol quotidien, attente de solutions municipales et peur de voir la valeur des maisons s'effondrer, le quartier vit sous haute tension.

Ermenonville-la-Grande : Face à l’invasion de millions de fourmis, la peur d’une crise immobilière
Dans les jardins, sous le gazon, dans les prises électriques et jusque dans les cuisines : à Ermenonville-la-Grande, l'invasion de fourmis ne laisse aucun répit aux riverains. Avec les fortes chaleurs, le phénomène a pris une ampleur inédite dans ce village d'Eure-et-Loir où au moins 22 habitations sont directement impactées par des colonies souterraines devenues incontrôlables.
« Chez nous, c’est la folie depuis les grosses chaleurs. On traite, ça se calme une journée et ça repart », rapporte Ariane au confrère Le Parisien
Au-delà du calvaire sanitaire pour garder les pièces propres et protéger les aliments, l'affaire commence à déborder du simple cadre de la rue : le bruit court et l'information se répand désormais dans les communes voisines.
Des habitants à bout de nerfs prêts à fuir
Cette notoriété locale naissante commence à peser lourdement sur le moral et le portefeuille des propriétaires. Face à ce fléau qui s'éternise, certains résidents n'en peuvent plus et mûrissent déjà l'idée d'un départ précipité.
« Pour nous, c'est devenu invivable, on craque complètement », témoigne un habitant sous couvert d'anonymat. « On ne peut plus manger un morceau de pain sur la terrasse sans être pris d'assaut, et le matin, on retrouve des centaine de fourmis jusque dans la cuisine et les prises de courant. C'est une pression psychologique permanente. Notre seule envie aujourd'hui, c'est de vendre et de partir au plus vite. Mais on sait très bien que dans ces conditions, personne ne voudra acheter notre maison au prix du marché... On se sent totalement piégés. »
Pour d'autres riverains situés au plus près de la fourmilière géante, c'est la crainte d'un effondrement des prix du marché qui domine. Alors que le sujet alimente les discussions dans le canton, beaucoup redoutent que leur patrimoine ne subisse une décote massive.
« Je comprends l'exaspération, mais je regrette vraiment que cela commence à se savoir dans les communes voisines », confie un riverain dont le pavillon est situé au cœur de l'invasion. « Ma maison est implantée en plein dans l'épicentre du phénomène. Si tout le monde sait que le sous-sol de notre rue est infesté, le prix de mon bien va s'effondrer instantanément. C'est l'investissement de toute une vie qui risque de perdre sa valeur du jour au lendemain à cause de cette mauvaise publicité. »
La majorité maintient le cap et attend la mairie
Pour autant, quitter le village n'est pas l'option privilégiée par la majorité du quartier. La plupart des résidents préfèrent faire front et comptent fermement sur les mesures de la municipalité pour retrouver un quotidien normal.
Après avoir dans un premier temps invité les habitants à traiter leurs parcelles privées, le maire, Fabrice Pelletier, cherche désormais à intervenir sur le domaine public. La mairie étudie activement la possibilité de faire traiter la voirie et les trottoirs avec des biocides d'origine naturelle.








Commentaires