Chartres : un préavis de grève illimité déposé à l’hôpital à partir du 19 janvier
- Emmanuel Senecharles

- il y a 16 heures
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La tension monte au Centre hospitalier de Chartres. Les syndicats Force Ouvrière et CGT des hospitaliers ont déposé un préavis de grève illimitée, dénonçant une dégradation continue des conditions de travail et une situation jugée critique pour les personnels comme pour les patients.

Chartres : un préavis de grève illimité déposé à l’hôpital à partir du 19 janvier
Dans un courrier remis en main propre à la direction le 13 janvier, les deux organisations syndicales annoncent un mouvement de grève à compter du lundi 19 janvier 2026 à 0 heure, pour une durée illimitée. Le préavis couvre l’ensemble des agents du Centre hospitalier de Chartres, tous corps, grades et statuts confondus.
Les syndicats pointent une tension extrême sur les effectifs, conséquence selon eux de politiques d’austérité qui fragilisent durablement l’hôpital public. Une situation qui mettrait en danger à la fois la santé des agents et la qualité de la prise en charge des patients.
Des revendications centrées sur les effectifs et l’organisation du travail
Parmi leurs principales revendications figure une révision à la hausse des effectifs dans tous les services, avec une prise en compte réelle des droits à congés, des RTT, des récupérations, mais aussi des contraintes spécifiques comme le travail de nuit. Les syndicats demandent également que les recommandations de bonnes pratiques professionnelles soient intégrées aux calculs, au nom de la sécurité des soins.
Force Ouvrière et la CGT réclament par ailleurs l’élaboration d’un nouvel accord local, sur la base de celui signé en 2022, ainsi qu’une révision des organisations du travail afin de permettre une application effective de la réglementation sur le temps de travail. Ils demandent notamment que les temps d’habillage et de déshabillage soient reconnus comme du temps de travail effectif.
Les organisations syndicales s’opposent également aux suppressions de postes annoncées, en particulier dans le cadre du Plan de retour à l’équilibre financier (PREF) et des recommandations de l’ANAP. Elles refusent toute fermeture de lits, jugée incompatible avec les besoins de la population et les missions de service public de l’établissement.
Autre point de crispation : le recours aux vacations et à l’intérim. Les syndicats demandent des modalités claires et anticipées, sans impact sur les droits à congés et au repos des agents titulaires, afin de mettre fin aux rappels en urgence et aux organisations de dernière minute.
Enfin, les personnels dénoncent une pression accrue à l’approche des procédures de certification, avec des exigences jugées irréalistes au regard des moyens humains et matériels disponibles. Ils évoquent des injonctions contradictoires qui pèseraient sur leur santé et sur le sens même du service public hospitalier.
Un rassemblement déjà très suivi
Dès ce vendredi 16 janvier, un rassemblement s’est tenu devant l’établissement. Selon une publication relayée sur les réseaux sociaux, de nombreux services étaient représentés, notamment la cardiologie, la réanimation, la néphro-dialyse et le SVI. Les personnels ont affiché leur unité et leur détermination pour « faire entendre bien fort » leur message.
Après une conférence de presse, une délégation a également échangé avec plusieurs responsables, dont des membres de la direction, le président du conseil de surveillance, le président de la CME et le directeur par intérim de la Délégation territoriale de l’ARS d’Eure-et-Loir. Des engagements auraient été pris pour organiser rapidement de nouvelles rencontres.
Les syndicats Force Ouvrière et CGT se disent disponibles pour toute négociation sérieuse, estimant qu’elle seule pourrait permettre d’apporter des réponses concrètes aux revendications des personnels et d’éviter un conflit social durable.







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