Chartres : Le musée des Beaux-Arts s'offre une spectaculaire cure de jouvence à 19,4 millions d’euros
- Emmanuel Senecharles

- 8 juil.
- 3 min de lecture
Après plus de trente ans de réflexions et d’hésitations, la Ville de Chartres passe enfin à la vitesse supérieure. Le groupement d’architectes mené par l’agence Lympia vient d'être désigné pour métamorphoser ce site historique classé, niché au pied de la cathédrale. Un chantier d'envergure, sans aucune extension, mais plein de promesses.

Chartres : Le musée des Beaux-Arts s'offre une spectaculaire cure de jouvence à 19,4 millions d’euros
C’est un serpent de mer qui s'apprête enfin à sortir de l’eau. Depuis les années 1990, les projets de rénovation du musée des Beaux-Arts de Chartres se succédaient dans les cartons sans jamais voir le jour. Cette fois, c’est la bonne. Lors de son dernier conseil municipal, la municipalité a tranché en désignant le lauréat qui aura la lourde tâche de réinventer les quelque 4 200 m² de cet ancien palais épiscopal.
Face à quatre concurrents de taille, c’est le groupement composé de Lympia (mandataire), BLP & Associés et Studio Matters qui a décroché le morceau. Un choix guidé par une vision claire : de la sobriété, une touche de modernité bien sentie, et surtout, le respect absolu de l'âme d'un bâtiment classé Monument Historique.
Un coup de jeune du sol au plafond ... et jusque dans les combles
Le grand défi de cette rénovation ? Tout changer… sans rien agrandir ! Pour réussir ce tour de force architectural et gagner de précieux mètres carrés, les concepteurs ont eu la bonne idée d’investir les combles du bâtiment. Sous les magnifiques charpentes en bois apparentes — révélées par les premières projections du projet —, les visiteurs pourront déambuler dans une ambiance feutrée et intimiste, baignée de lumière.
Au total, ce sont entre 1 600 et 1 800 m² d'espaces d'exposition qui vont être intégralement repensés. Fini le parcours parfois labyrinthique pour les touristes de passage ou les habitués de la basse-cour. Le futur musée s’articulera autour d'une entrée unique et 100 % accessible, distribuant trois parcours thématiques clairs : les Beaux-Arts, l’histoire locale et les fascinantes collections non européennes. Les espaces d'accueil, la billetterie et la boutique-librairie s'offriront eux aussi une mise aux normes digne des grands standards muséaux du XXIe siècle.
Dehors, la cour d’honneur va retrouver une seconde jeunesse en devenant une véritable zone d'attente et de vie pour les visiteurs, offrant un panorama imprenable sur le chevet de la cathédrale voisine. Un argument touristique majeur pour la cité eurélienne.
Le calendrier : patience, réouverture prévue en 2030
Si le projet fait déjà saliver les amoureux de patrimoine, il va falloir s’armer d'un peu de patience avant de pouvoir admirer les premiers coups de pinceaux. L'enveloppe financière prévisionnelle — qui s'élève à 19,4 millions d'euros HT — entre dès ce mois-ci dans une phase de négociations serrées qui durera jusqu'à la rentrée de septembre.
La signature officielle du marché de maîtrise d’œuvre est attendue pour l’automne 2026. S’ouvriront alors dix-huit mois d’études techniques minutieuses et d’appels d’offres. Les compagnons et les ouvriers n'investiront véritablement le chantier qu'au printemps 2028, pour une phase de travaux programmée sur deux ans, visant une livraison à l'horizon 2030.
D'ici là, le musée des Beaux-Arts s'apprête à vivre sa dernière ligne droite dans sa configuration actuelle. L'occasion ou jamais d'aller y jeter un œil nostalgique avant le grand grand saut vers la modernité.



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