top of page

« C’est écrit noir sur blanc » : À Jouy, les tilleuls de la gare sauvés, la victoire au bout du combat citoyen

  • Photo du rédacteur: Emmanuel Senecharles
    Emmanuel Senecharles
  • 22 juil.
  • 3 min de lecture

Après une semaine de blocage, de nuits passées dans la canopée et de vives tensions, la mobilisation a payé. Ce mercredi 22 juillet, le maire de Jouy a officiellement signé un arrêté municipal garantissant la conservation et la protection des six tilleuls centenaires. Au pied des arbres, l'heure est à la fête et au bilan d'une lutte exemplaire.

 

Ce mercredi 22 juillet, riverains et militants fêtent la signature de l'arrêté municipal garantissant la conservation définitive des six arbres de l'avenue de la Gare à Jouy /
Ce mercredi 22 juillet, riverains et militants fêtent la signature de l'arrêté municipal garantissant la conservation définitive des six arbres de l'avenue de la Gare à Jouy / Photo Emmanuel Senecharles

« C’est écrit noir sur blanc » : À Jouy, les tilleuls de la gare sauvés, la victoire au bout du combat citoyen

 

« Les tilleuls sont sauvés ! Ils ne vont pas être abattus, ils vont être protégés. C'est écrit noir sur blanc dans un arrêté municipal, c'est tout ce qu'on voulait. Le combat se termine aujourd'hui », se réjouit Maryse Mondain, habitante de Jouy. Ce mercredi soir, sur l’avenue de la Gare, les voix ne tremblent plus sous l'effet de la colère mais résonnent de soulagement.


Verres à la main, sourires retrouvés, riverains, militants et sympathisants venus des environs se sont rassemblés une dernière fois sous la ramure des six tilleuls. L’atmosphère électrique des derniers jours a laissé place à une ambiance festive. Nul besoin de remonter dans les hamacs ce soir : le précieux document administratif réclamé depuis une semaine a enfin été paraphé par l'édile. Le nouvel aménagement du trottoir se fera bien, mais sans toucher à un seul rameau.


Une rencontre au sommet en « bonne intelligence »

Injoignable et invisible sur le terrain depuis le début du conflit le 15 juillet, le maire Christian Paul-Loubière est finalement sorti de son mutisme ce mercredi matin. Une rencontre s'est tenue en mairie pour la remise officielle de l'arrêté. Une avancée décisive favorisée, selon les occupants, par l'entremise du préfet d'Eure-et-Loir et l'envoi d'un courrier de sortie de crise rédigé par le collectif.

« Il aurait préféré qu'il ne se passe rien et que l'image de la commune ne soit pas ternie dans les médias », confie l'une des figures de la contestation à l'issue de cet entretien. « Mais je lui ai dit : transformez tout ça en quelque chose de beau ! Jouy peut devenir le village où l'on protège les arbres. Il s'est agi d'un échange en bonne intelligence. On a même pu consulter les plans d'aménagement révisés. »


Au-delà de la sauvegarde immédiate, le collectif espère désormais faire classer ces six arbres au Plan Local d'Urbanisme (PLU) afin de les rendre définitivement intouchables.


« Il faut du monde pour tenir jour et nuit » : la recette d'une lutte réussie

Cette victoire locale apporte un vent d'espoir pour d'autres mouvements citoyens confrontés à des projets d'abattage urbain dans le département et partout en France. Interrogés sur les leçons de ce succès, les militants insistent sur la méthode :

  • Ne pas rester isolé : Constituer immédiatement un collectif d'habitants et s'adjoindre le soutien d'organisations environnementales, de mouvements politiques et d'experts (GNSA, élus régionaux).

  • Organiser la présence en continu : Assurer une occupation du terrain 24 heures sur 24 pour empêcher l'accès aux tronçonneuses. « Il faut du monde, toute la journée et toute la nuit, pour tenir sur la durée. »

  • Inscrire la mobilisation dans le temps : Mener une bataille d'opinion et exiger impérativement des actes juridiques écrits, sans se contenter d'annonces verbales.


Après la disparition regrettée de plusieurs alignements d'arbres ces dernières années devant l'église et sur l'avenue, la prise de conscience collective semble désormais irréversible à Jouy.

« Le maire s'est rendu compte que cette lutte avait créé une vraie émulation collective dans le village », conclut Maryse Mondain lors du rassemblement. « Maintenant, nous serons là. Nous serons nombreux au conseil municipal et nous serons nombreux à l'interpeller au moindre projet. On a sauvé la vie de ces arbres, mais on a aussi gagné un lien formidable entre les gens. Et ça, c'est génial. »


Un sentiment partagé par Caroline Duvelle, militante du GNSA venue prêter main-forte, pour qui ce succès dépasse les frontières de la commune :

« Cette victoire apporte beaucoup de réconfort aux militants traumatisés par l'abattage des marronniers à Chartres, mais aussi par celui des dix arbres coupés en plein milieu de la nuit. Cela prouve que lorsqu'on se mobilise, on peut faire reculer les tronçonneuses. »


Interview vidéo : Maryse Maudain

 



Commentaires


bottom of page