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Affaire Lyhanna : Le barreau de Chartres dénonce « un mensonge » de l'État et la « clochardisation » de la justice

  • Photo du rédacteur: Emmanuel Senecharles
    Emmanuel Senecharles
  • 11 juin
  • 2 min de lecture

À la suite du meurtre de la petite Lyhanna, les réactions politiques se multiplient. Dans un communiqué au vitriol publié ce mardi 9 juin 2026, le bâtonnier de Chartres, Me Bruno Galy, fustige l’attitude d’Emmanuel Macron et du garde des Sceaux. Il dénonce une tentative de faire des magistrats des « boucs émissaires » pour masquer le manque structurel de moyens.


« Une stratégie de l'affaiblissement » : le barreau de Chartres réagit aux déclarations d'Emmanuel Macron et du garde des Sceaux sur le budget de la justice.
« Une stratégie de l'affaiblissement » : le barreau de Chartres réagit aux déclarations d'Emmanuel Macron et du garde des Sceaux sur le budget de la justice.

 

Affaire Lyhanna : Le barreau de Chartres dénonce « un mensonge » de l'État et la « clochardisation » de la justice

 

Le crime atroce de la jeune Lyhanna a plongé le pays dans l'horreur et suscité une colère légitime. Mais pour le barreau de Chartres, la réponse de l'exécutif est « insupportable ».

Interpellés sur les failles systémiques ayant entouré ce drame, le président de la République et le ministre de la Justice ont affirmé que l'affaire n'était pas liée à un manque de moyens. Une position que Me Bruno Galy qualifie de « mensonge », rappelant au passage que le garde des Sceaux actuel a été en charge du budget pendant plusieurs années.


Pour l’Ordre des avocats d'Eure-et-Loir, la stratégie politique est claire :

« Ils veulent trouver, dans les juges et les enquêteurs, des boucs émissaires jetés en pâture à l’opinion publique pour faire oublier la responsabilité de la classe politique. »


Trente ans de « clochardisation »

Le communiqué rappelle que les professionnels du droit dénoncent depuis des décennies la « clochardisation de la justice ». Malgré les promesses successives et les récents recrutements de magistrats et de greffiers, le compte n'y est pas. Les outils matériels et informatiques restent profondément inadaptés sur le terrain.

Selon le barreau, ce désinvestissement chronique relève presque d'un choix politique :

  • Une méfiance institutionnelle : Toutes tendances confondues, les élus craindraient une autorité judiciaire indépendante.

  • Une stratégie de l'affaiblissement : Maintenir l'institution sous l'eau permettrait de garder le contrôle.


Le bâtonnier profite également de cette tribune pour réaffirmer l'opposition des avocats au projet de loi SURE, accusé de restreindre les droits des justiciables et de supprimer progressivement les jurys populaires lors des procès criminels.


Un système à bout de souffle, du pénal au civil

Au-delà de ce fait divers tragique, c’est tout le quotidien des tribunaux qui subit cette pénurie, impactant directement les citoyens :

  • Protection de l'enfance : Faute de juges des enfants, les dossiers d'assistance éducative s'accumulent, laissant des familles en souffrance sans réponse rapide.

  • Droit de la famille : Des parents restent séparés de leurs enfants pendant des années en attendant qu'une audience puisse se tenir.

  • Litiges du quotidien : Des petits bailleurs attendent parfois plus d'un an qu'un juge débordé statue sur des impayés de loyer.`


Enfin, le barreau de Chartres prévient : les réformes « mirobolantes » improvisées dans l'urgence d'une crise politique resteront stériles si l'État refuse d'écouter les praticiens (avocats, magistrats, greffiers, enquêteurs) et de leur octroyer des moyens effectifs.


 

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